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BIOTECHNOLOGIES
La vague de fond du 21 siècle
par Prof. H. Aourag
 

 


 

Les biotechnologies en Algérie La vague de fond du 21ème siècle La biotechnologie sera, sans aucun doute, la vague de fond du vingt et unième siècle pour l'agriculture et la santé mondiale. Les biotechnologies sont des outils majeurs pour
combattre la faim et les maladies dans le monde et protéger l'environnement. Les nouvelles techniques mises au point en biotechnologies sont importantes pour satisfaire le besoin permanent de la planète en productions agricoles croissantes et raisonnées et en matière de combattre les maladies les plus complexes. D'un coté ; le secteur agricole bénéficie largement des biotechnologies. Parmi ces nombreuses retombées:
- Une augmentation de la protection biologique contre les maladies et les insectes nuisibles, ce qui entraîne une réduction des besoins en produits chimiques et pesticides.
- Une augmentation de la tolérance de la plante envers les herbicides moins nocifs envers l'environnement.

Une amélioration du pouvoir d'adaptation de la plante à des conditions de culture particulièrement difficiles, telles que
sécheresse, salinité, et températures extrêmes. Enfin, la hausse des rendements pour satisfaire les besoins alimentaires croissants de l'humanité. L'utilisation des produits chimiques, leurs résidus et la contamination des nappes d'eau souterraines sont des sujets de préoccupation importante dans le monde. Les agriculteurs emploient ces produits chimiques pour protéger les cultures des mauvaises herbes, des insectes et des maladies. En Algérie, nous regardons les biotechnologies et le génie génétique comme deux outils qui vont permettre à l'agriculture de fournir aux consommateurs des produits abondants, sains, de bonne qualité nutritionnelle et plus abordables. Pour toutes ces raisons, le domaine des biotechnologies est considéré comme prioritaire par le Gouvernement et de nombreuses actions ont déjà été entreprises pour favoriser son développement.

Au-delà des atouts macroéconomiques évoquer et qui augurent bien de l'avenir à court et moyen terme, les biotechnologies recèlent probablement la source des principales révolutions technologiques des décennies à venir et les réponses à de nombreux espoirs que l'on peut placer dans le progrès. Le 21ème siècle sera assurément celui des sciences du vivant et des technologies qui en sont issues. Tous ceux qui n'auront pas pris pied sur ce territoire, qui n'auront pas affirmé leur position, seront contraints de suivre les autres et d'en être dépendants. Nous avons en Algérie, des atouts considérables dans ces domaines et nous avons l'ambition de faire fructifier ces atouts. Cette ambition a été affirmée par la mise en place d'un centre de recherche national sur la biotechnologie à Constantine, nous avons installé le prof. Benbouza Halima comme directrice de ce centre, pour rapidement l'action du Gouvernement en faveur de ce secteur. Cette action a été déclinée en plusieurs temps et à plusieurs niveaux depuis deux ans. Il est semble-il donc utile d'en dégager aujourd'hui toute la cohérence, à la fois dans le passé récent et dans le proche avenir.

Les biotechnologies sont aujourd'hui de plus en plus présentes dans la recherche publique, en tant qu'outils et en tant que finalité, pour la valorisation des découvertes effectuées en sciences du vivant. L'action du Gouvernement peut se décliner sur les deux segments qui constituent ce paysage. Ils correspondent aux deux berges de cette périlleuse rivière, que nous devons tenter de rapprocher. Sur la berge publique de la rivière, l'État consacre déjà d'importants moyens à la recherche en sciences du vivant,environ 2,4 milliards de dinars. Afin d'amplifier cet effort, nous vous annonçons que les sciences du vivant seront le domaine prépondérant au sein de la nouvelle agence nationale pour la recherche en biotechnologie qui sera mise en place au courant de l'année 2010. L'agence interviendra notamment par des financements pluriannuels sur des grands programmes orientés sur la santé, l'agronomie et l'agriculture, qui seront autant de jetées avancées dans la rivière d'où pourront s'élancer des entreprises de biotechnologie fondées sur une recherche plus dynamique. Et pour consolider ces jetées, nous allons mettre en place dès 2010 un nouveau dispositif destiné à faire " mûrir" les projets issus de la recherche publique à travers les programmes nationaux de recherche. L'objectif est d'enrichir la propriété intellectuelle issue de tels projets et d'accroître ainsi leur capacité d'attirer des investisseurs privés. Cette action, qui fonctionnera par appel à propositions, sera dotée d'au moins 1 Milliard de Dinars et nous prévoyons de doubler cet investissement dès 2011.

Ce dispositif pourra de plus être complété par la création d'une structure originale dédiée à cette étape de maturation de projets. D'un autre coté, Dans le domaine du médicament. Il s'agit du projet d'Institut d'innovation thérapeutique et pharmaceutique à l'université de Tlemcen. Cette structure serait chargée de détecter les projets prometteurs dans tous les laboratoires de recherche publics et d'y injecter les moyens financiers et humains les plus pertinents. Nous travaillons activement sur ce dossier, pour en confirmer le modèle économique qui se doit d'être robuste. Parlons maintenant du second segment de l'action du Gouvernement Algérien. Il concerne l'autre berge de la rivière, celle de promouvoir des entreprises matures qui devront consacrer d'importants moyens à la R&D en biotechnologies, soit en interne, soit au travers de filiales ou de contrats avec des partenaires.

Les récentes décisions gouvernementales devront significativement améliorer les conditions d'exercice de la R&D privée sur notre territoire. Par ailleurs, nous mettons en place un «plan national de l'attractivité», afin d’attirer des compétences étr
angères de haut niveau : ainsi, des avantages fiscaux seront consentis et des procédures simplifiées seront mises en place.  Enfin, nous souhaitons aller plus loin spécifiquement en faveur des entreprises de la pharmacie et des biotechnologies, nous souhaitons que la DG-RSDT et le Ministère de la santé créent un Comité stratégique pour les industries de santé. Dans le contexte de partager les constats, d'établir un vrai dialogue et d'élaborer ensemble des solutions équilibrées, qui fassent de notre pays un territoire plus attractif pour ces entreprises et leur recherche.
Toutes les conditions paraissent donc réunies, pour créer un nouveau climat de confiance dans le secteur des bio technologies en Algérie. Des projets de meilleure qualité et plus mûrs peuvent quitter la berge de la recherche publique. Ils iront à la rencontre d'un tissu industriel pharmaceutique placé dans un contexte général plus favorable. Et dans cette traversée, les jeunes entreprises pourront trouver plus facilement les partenariats et les capitaux qui garantissent leur maintien à flot. Nous sommes convaincus que ce nouveau climat, par un cercle vertueux et par l'incitation directe du Gouvernement, va permettre aussi d'attirer de nouveaux investisseurs privés sur ce secteur qui a connu des difficultés pour son amorçage.

Dans la révolution du 21ème siècle que seront les biotechnologies, l'Algérie jouera, certainement, un rôle pivot dans au moins trois grands domaines : la protection et l'amélioration de notre environnement, la santé humaine et la coopération Sud/Sud. Ce que nous réussirons ici rayonnera et sera mondialement utile.
 

Proposer les meilleures réponses aux préoccupations
scientifiques de l’Algérie

Par Dr. M. B. Baba Ahmed et Ahmed Chenna*

 

 

La forte industrialisation des pays du nord et l’uniformisation de la nature pour répondre à un modèle de consommation soutenue se sont faites au détriment de la biodiversité. Le développement des ressources génétiques se trouve saturé de par la faible biodiversité dans ces pays qui se trouvent contraints de s’ouvrir aux pays du sud, ou se trouve  concentrée environ 90% de la biodiversité mondiale. Ainsi des partenariats Nord-Sud accrus se sont développés dans les domaines des sciences de la vie. Nos ressources génétiques, principalement bactérienne, végétale ou animale mais aussi humaines, et les savoir traditionnels qui y sont associés, développés patiemment depuis des générations font l’objet de partenariat scientifique certes profitable pour la formation de nos chercheurs, mais dont les résultats, parfois sujets a brevets, ne sont d’aucun apport direct pour la bien être de nos populations.

Bien que la convention de Rio (1992) consacre la souveraineté des états sur leurs ressources génétique, l’Organisation Mondiale du Commerce Universalise le système des brevets sur le vivant. Les produits vivants brevetés seront alors protégés dans tous les états membres de l’OMC, trop souvent au bénéfice des pays nantis par rapport aux pays moins développé. Le déséquilibre est encore accentué par le fait que les pays en voie de développement, surtout en Afrique, ne peuvent pas ou ne veulent pas mobiliser les moyens financiers nécessaire a la recherche afin de développer eux- même divers produits, les brevets pour les protéger dans ce cadre universel. Il est maintenant évidant que le siècle de la biotechnologie que nous vivons va révolutionner notre mode de consommation.

La directive européenne 98/44/EC de 1998 concernant la protection juridique des inventions biotechnologiques autorise à breveter jusqu'à des parties du corps humain. Un brevet américain sur le haricot jaune du Mexique prive même ce pays de disposer librement de sa ressource naturelle. Dans un avenir très proche, il n’est pas improbable que l’Algérie doive
acheter des engrais biologiques adaptés à son sol, parfois fabriqués à base de matériel isolé de son propre sol par ses
propres chercheurs mais certainement protégés par des brevets étrangers. Dans un avenir très proche, la médecine prédictive et préventive incitera à la consommation de nouvelles molécules thérapeutiques spécifiques aux populations. Dans le cadre de cette thérapie on achètera, encore de l’étranger, des molécules brevetées, spécifiques à nos populations et qui ont été élaborées à partir de notre propre patrimoine génétique. Il est urgent de prendre conscience de l’enjeu immédiat et futur très proche du rôle des Biotechnologies dans le monde et leurs impacts sur la souveraineté nationale. Il est largement admis que la biotechnologie constitue après les technologies de l’information, la prochaine révolution technologique.

L’université et les centres de recherches algériens sont appelés à concevoir une recherche au service du  développement, et donc à s’ouvrir sur la société et le secteur utilisateur. Le problème de notre recherche est qu’elle n’a pas d’interface dans la société qui assimile ce qu’elle fait et ce qu’elle est capable de faire. Il faut donc réfléchir à créer aux nivaux des centres de recherches et des universités, des incubateurs de start-up, qui constitueront les interfaces Université-Société. Le Dixième colloque international de Biotechnologie « Bio Tech World 2010 », sous le thème « Start-ups de biotechnologie » verra la participation d’éminentes personnalités dans les différents domaines de la  biotechnologie (santé, agriculture, environnement…..) l’occasion de rencontrer des managers de start-ups, des chercheurs de grande firmes pharmaceutique, des scientifiques de grands centres de recherche, des compétences algérienne exerçant à l’étranger, tous désireux d’échanger avec nos chercheurs, de confronter les expériences et proposer les meilleures réponses aux préoccupations scientifiques de l’Algérie.

Cette importante manifestation sera l’occasion de faire le point sur les biotechnologies et de relater les expériences de l’incubateur du centre de biotechnologie de Sfax en Tunisie, de l’incubateur de l’université de Liverpool en Grande Bretagne, de l’expérience de l’institut Dasman du Koweit, des spins offs de l’université de Gembloux en Belgique et bien d’autres. Une douzaine de conférences en plénière, une centaine de communications orales et plus de 120 communications affichées feront l’objet de cette riche rencontre. « Bio Tech World 2010 » est organisée par le département de Biotechnologie de la Faculté des Sciences de l’université d’Oran Sénia, avec la collaboration de la Direction Générale de la Recherche Scientifique et du Développement Technologique (DG-RSDT), l’université Mentouri de Constantine, l’université Belkaid de Tlemcen , de l’association des compétences algérienne (ACA) et avec le soutien de l’UNESCO et du US Département of Biosecurity and Biosafety.


- Chef de département de Biotechnologie
(Université d'Oran)
- Oncology Group South San Francisco, CA, USA